Visiteurs d’un jour ou de toujours, vous ne pouvez, passant par Collonges ne pas vous demander pourquoi ce village si beau , au charme rarement démenti, aux
couleurs rosées du soleil levant, à la pourpre du couchant, existe et poursuit sa route depuis …
Mais depuis quand, en réalité ?
Autrefois :
Si nous parlons préhistoire, écoutons les silex taillés de Font morte, ou les rouelles celtes trouvées au hasard de jardinage, par la propriétaire des
lieux… ou une clochette de troupeau conservée au Musée Labenche de Brive : ces objets nous diront des habitats anciens…
Si nous parlons histoire, donc écriture, il nous faut faire un saut dans le temps et atterrir à l’époque de Charlemagne pour apprendre que « l’église de
Collonges et ses annexes avaient été données, par le comte Roger et sa femme Euphrasie de Limoges, à l’abbaye de Charroux » dans la Vienne .
Plus tard en 1238 un certain Vicomte de Turenne, lorgne du côté de Collonges, se dit qu’il en ferait bien son lieu de vacances, mais non, vous n’êtes pas les
premiers ! fait un procès à l’abbé de Charroux et le gagne devant le parlement de Paris. Jusqu’en 1737, où le dixième vicomte vend sa vicomté au roi de France, avec une centaine d’autres
paroisses pour dettes de jeu !
Pendant 500 ans, donc, les collongeois vont être libres et immunes de droits et impôts français : un rêve qui va faire très mal quand il cessera
brusquement .
Les collongeois n’admettront vraiment cette catastrophe qu’à la révolution, …et encore !
Nos voisins vous diront que les collongeois n’en font toujours qu’à leur tête !
Situation :
A cheval sur trois régions, le sud du Limousin, le nord du Quercy et l’est de la Dordogne, proche d’une quatrième, l’Auvergne, Collonges est à une altitude
de 220m, abritée du mauvais temps par les collines limousines qui culminent à 500m, derrière Collonges : Staulan, Dourieux, la Chatie , le Charlat : c’est le massif de La
Bitarelle .
Sur votre gauche, les collines du Puy de Vézy, où disent les anciens, se trouvait la vieille ville de Collonges construite toute de bois : elle aurait brûlé…
Derrière se trouve Turenne, à 7 km.
Le plancher de notre village est ce fameux sol quercynois de pierres blanches, plus ou moins érodées par l’eau que vous voyez sur les murettes autour du Jeu de
l’Oie.
Et la pierre rouge, me direz-vous ?
Elle a été descendue des collines au nord. Là, rappelez-vous, c’est le limousin et son grés permien caractérisé par sa couleur rouge à forte teneur en oxyde de fer,
vous commencez à vous douter qu’il y a un os à cette histoire ? on parle de plateau du causse et de plateau du limousin, c’est bien connu, les deux ne font pas bon ménage,
et nous voilà avec une faille célèbre à gérer la faille du meyssacois, dont la fracture se sent dès que vous grimpez vers la chaise du diable, ou à la découverte de nos ruisseaux
ou champignons, dans les bois .
Et malgré cela, dans notre village, le rouge et le blanc savent se marier dans la plus grande harmonie : promenez-vous le matin au soleil levant, flânez au
soir tombant, en plein midi laissez-vous étouffer par la chaleur plombante des murs de la ville, découvrez Collonges du parc du Jeu de l’Oie, chaque moment a sa couleur, sa richesse
qu’elle saura vous faire partager
Lieux remarquables :
Le castel de Vassignac, le castel de Benge, le castel de Maussac, le castel du Martret, ancien lieu des morts, l’église et la chapelle des pénitents noirs (à cause
de leur robe !), les portes fortifiées, la halle et son four banal, la maison de la sirène, les manoirs des Ramade de la Serre, des Ramade de Friac, des Boutang du Peyrat, de Beauvirie , la
rue noire .
Des détails d’architecture : épis de faîtage, tourelles à poivrière, échauguettes, meneaux, et enfin non le moindre, lieu de détente, de calme : la Grange
aux Oies !
Aujourd’hui :
480 habitants, point de départ de l’association des Plus Beaux Villages de France, créée par Charles Ceyrac, maire de Collonges de 1965 à 1996, commune
classée Monument historique, point phare du tourisme en limousin ,Collonges accueille plus de 600 000 visiteurs par an.